Big Bang à 02 h 40
Comme d’habitude un nouveau réveil, je ne dors pas et ressasse tout… Ma vie, mes échecs, mes peurs…
Je pense encore à toi, plus en tant qu’amour mais plutôt en tant que souvenir douloureux et observe à cette heure indue les tranchés que tu as laissé. Manipulateur destructeur tu t’es repu de mon innocence, de mon affection, de mes peurs.
Parfois je voudrais être un prédateur, un requin qui dévore tout. Regarder cette vie en face et sortir de cette bulle, ne plus avoir peur. Seuls les faibles disparaissent, les tueurs restent et poursuivent leur chemin. Cinq ans déjà et je cherche toujours à réparer ma vie, récupérer un peu de cette humanité et de cette confiance en l’autre que j’ai perdu.
L’espoir parfois revient mais c’est un pas que je fais en avant et deux que je fais aussitôt en arrière.
Tout se bouscule, ma sensibilité, mes croyances, je repense à mes origines et cherche à reconstituer une partie de moi. En lutte perpétuelle, ne jamais laisser tomber et continuer à avancer et progresser si possible.
Continuer à croire, constituer une force nouvelle, avancer, je ne sais faire que cela, jusqu’à l’épuisement, la dislocation de mon âme, la paralysie, le coma. Réduire au silence cette peur agoraphobe… Cet état de panic permanent.
Ce qui me raccroche encore à l’effort là ou bien d’autres auraient sans doute laissé tomber, c’est le simple espoir d’avoir un jour l’occasion de te vomir à la face toute ta haine, la méchanceté dont tu as fait preuve, tes moqueries et humiliations. Te prouver seulement que tu as eu tort et que tu n’as pu avoir ma peau, tu m’as simplement fait plier, mais j’ai fini par me redresser et être plus fort que toi… La vie est en moi et l’espoir, mes projets sont toujours intacts, je ferai ma vie et l’embellirai, je partagerai ma vie, je la rendrai riche et belle et je n’aurai plus peur.
Alors sans un mot, dans le silence et la paix, je te regarderai mourir…